Bas-Saint-Laurent

Sentier du Grand Portage

Sentier du Grand Portage

Sentier du Grand Portage

Pendant des siècles avant l’arrivée des Européens en Amérique, les Malécites, Micmacs, Abénaquis et Montagnais empruntaient le «portage des canotiers», une voie de communication, composée de chemins d’eau et de chemins de terre qui permettait aux Amérindiens de se déplacer entre le Saint-Laurent et le fleuve Saint-Jean en canotant sur le lac Témiscouata et la rivière Madawaska ou encore sur la rivière Saint-François et le lac Pohénégamouk.

Lorsque la navigation devient impossible, les canotiers doivent mettre pied à terre et porter sur leurs épaules leurs légères embarcations, sur un trajet plus ou moins long et plus ou moins accidenté, jusqu’à l’endroit où ils pourront à nouveau voyager par eau. Les portages naissent donc de cette impossibilité de continuer les parcours par les voies maritimes.

Le portage du Témiscouata permettait donc de passer du bassin de la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, au fleuve Saint-Laurent. Ce sentier qui prend racine dans la municipalité de Notre-Dame-du-Portage en est un fort ancien qui a été, en son temps, très fréquenté. C’est d’ailleurs son imposante présence qui a déterminé le choix du nom de la municipalité.

Après les Amérindiens, pour communiquer entre l’Acadie et Québec, capitale de la Nouvelle-France, les Français empruntèrent eux-aussi ce chemin de portage.

Au fil des ans, plusieurs sentiers furent aménagés et utilisés, mais finalement celui qui passait par l’endroit où se trouve aujourd’hui le monument du Portageur, sur la route du Fleuve à Notre-Dame-du-Portage, s’est imposé.

Sous le régime français, le sentier du Grand-Portage, aussi appelé portage du Témiscouata, servit à des fins civiles (pour le courrier notamment), militaires, religieuses (pour la circulation des missionnaires) et commerciales (pour la traite des fourrures). Lors de la déportation en 1755, plusieurs Acadiens utilisèrent le sentier pour échapper aux Anglais.

Quelques années avant la chute de la Nouvelle-France, les Français décident d’établir une voie permanente de communication par voie terrestre entre le Saint-Laurent et l’Acadie. Ainsi, en 1746, commence la construction du sentier du Grand-Portage. Il s’agit d’une route de trois pieds de largeur débutant à au même endroit que l’ancien portage.

La même année, on entreprend les travaux du Chemin du Roy sur le tronçon entre Kamouraska et Rivière-des-Caps. Cependant, cette route, devenue plus tard la route du Fleuve à Notre-Dame-du-Portage, ne sera pleinement carrossable qu’en 1813.

Après la Conquête, en 1783, les autorités britanniques ordonnent l’exécution de travaux permettant d’élargir le sentier en un chemin d’environ quatre mètres de largeur. Cependant, la négligence des autorités ne permet pas de maintenir le chemin en bon état avant la fin des années 1830. L’on se décide alors d’y investir pour assurer le passage des troupes, les colonies britanniques étant menacées par les États-Unies et les rébellions faisant irruption tant dans le Haut que dans le Bas-Canada.

À compter de 1856, le chemin de Témiscouata remplace le chemin du Portage pour relier le Bas-Canada au Nouveau-Brunswick.

De nos jours, la route reliant Notre-Dame-du-Portage au Nouveau-Brunswick suit à plusieurs endroits le tracé du sentier du Grand-Portage. Depuis 2009, la Course du Portageur se tient sur la route du Fleuve, offrant des parcours de un, cinq et dix kilomètres sur les traces de l’ancienne route.

Source : Site Web Patrimoine et Culture du Portage

monument portageur

Monument au Portageur. Source de la photographie : Site Web de Patrimoine et Culture du Portage

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