Bas-Saint-Laurent

Îles Razades

Îles Razades

Les Îles Razades

Les Îles Razades sont situées dans l’estuaire du Saint-Laurent, faisant partie du bout du fleuve qui baigne Rimouski et Trois-Pistoles. Les deux îles, soit la Razade d’en Haut et la Razade d’en Bas, sont le domaine, avec l’Îles-aux-Basques, de la Société Provancher d’Histoire Naturelle de Québec qui les a acquis en 1927. Ces îles appartiennent administrativement à la MRC des Basques.

Remarquons que la Razade d’en haut fut vendue à la Société Provancher par Charles-François Rioux, père de six enfants, pour la somme de 500$. La Razade d’en bas a été offerte comme don par la Brown Corporation. Le don était fait à la condition expresse que l’île serait employée comme sanctuaire d’oiseaux.

Les îles Razades ont le statut de Refuge d’oiseaux migrateurs, alors, elles ne sont pas accessibles au public en vertu de la loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs.

La Razade d’en Haut est localisée à moins de 7 kilomètres en aval de l’Île-aux-Basques et à un peu plus de 2 kilomètres au large du cap Marteau. Sa superficie est d’à peine 9 hectares. Autrefois, cette île formait une partie de la seigneurie des Trois-Pistoles qui fut concédée, le 14 juin 1702, à Claude de Bermen, sieur de la Martinière.

La Razade d’en Bas se trouve à 3 kilomètres plus à l’est, face à la démarcation de Saint-Simon et de Trois-Pistoles. Elle a les mêmes dimensions que l’île d’en Haut. La distance que la sépare de la terre ferme est aussi de 3 kilomètres. Elle fut cadastrée dans la seigneurie de la Baie des Habas et fut concédée à Nicolas Riou le 6 avril 1751.

Les îles Razades sont constituées de schistes qui datent du Paléozoïque. Ce sont des roches d’origine sédimentaire. Le sol est recouvert d’un tapis de végétation herbacée dense. Aucun arbre ne réussit à s’y installer.

La végétation y est influencée par le climat maritime et la présence des colonies d’oiseaux. Le célèbre biologiste, le Frère Marie-Victorin a dénombré la présence de 18 espèces et sous-espèces de plantes sur ces îles. La situation ne semble pas avoir changé et la végétation est dominée par deux graminées, le calamagrostis du Canada (Calamagrostis canadensis) et l’élyme des sables (Elymus arenarius). Toutefois, on a répertorié au cours des dernières années quelques plantes non répertoriées par Marie-Victorin : la matricaire odorante (Matricaria matricarioides), l’arroche hastée (Atriplex hastata) et le séneçon vulgaire (Senecio vulgaris).

Aujourd’hui, quatre espèces d’oiseaux coloniaux nichent sur les îles : ce sont l’eider à duvet (Somateraia mollissima), le cormoran à aigrettes (Phalacrocorax auritus), le goéland argenté (Larus argentatus) et le goéland marin (Larus marinus). Dernièrement, le petit pingouin (Alca torda) a été observé sur la Razade d’en Haut.

On a enregistré plusieurs naufrages plus ou moins graves dans les environs des Îles Razades. En 1927, l’année de l’acquisition des îles, un groupe de citoyens de Trois-Pistoles et les représentants de la Société Provancher installent sur la Razade d’en Haut une croix de pierre mesurant plus de 4 mètres de hauteur avec une plaque de bronze, incrustée dans la pierre, portant l’inscription suivante « Nos pères, partis à la dérive sur les glaces en chassant le loup marin, atterrirent providentiellement sur cette île, le 23e jour de décembre 1841. Hommage de leurs descendants ». Cette croix rappelle un événement qui aurait pu être tragique. La croix a remplacé l’ancienne croix en bois, datée de 1887. En effet, cette croix rappelle l’épisode du 24 décembre 1839 quand toute la population mâle de Trois-Pistoles est sortie sur la glace pour chasser des loups marins. Le vent a sournoisement détaché la glace et elle s’est mise à dériver vers le large entraînant tous les hommes. Pendant plusieurs heures la banquise a avancé vers la mer. Soudain, pendant la nuit, le vent a changé de sens et la banquise a heurté une pointe de rocher et s’est arrêtée tout à fait. C’était l’île la Petite Razade.

Voir aussi :

Le fleuve

Oiseaux

L'origine du nom du Saint-Laurent

Histoire de Saint Laurent

Île-aux-Basques

MRC des Basques

Biographie du Frère Marie-Victorin

La ville de Trois-Pistoles 

Eider à duvet

Oiseaux à St.Cléophas 

1 commentaire

  1. Jacques Belzile

    2012/11/07 at 1:45

    Mon grand-père maternel, Louis-Philippe Renouf, qui demeurait à la grève de Trois-Pistoles, fut le premier gardien de l’ile aus Basques et des Rasades pour la société Provencher et, durant les années trente et quarante,en été, nous y allions régulièrement, tous les deux ou trois jours, pour y assurer la protection. Alors que j’étais encore adolescent, quel beaux souvenirs j’ai retenu de cette période à naviger avec mon grand- père!!

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