Bas-Saint-Laurent

L’Île au Massacre

L’Île au Massacre

L’Île au Massacre

L’Île au Massacre se dresse juste en face de la municipalité du Bic, entre la pointe aux Anglais et l’île Brûlée.

Cette île (plutôt, une des îles de la baie du Bic) fut témoin d’une tragédie des plus sombres de toutes celles qui marquèrent les luttes séculaires entre tribus indiennes habitant le Canada avant l’arrivée des Européens.

Selon le récit de Jacques Cartier, confirmé par d’autres témoignages, il semblerait que vers 1530 (selon Cartier, l’événement aurait eu lieu en 1533), une tribu d’indiens nomades Micmacs, qui vivaient dans la région du Bas-Saint-Laurent, firent une halte dans la baie qui aujourd’hui porte le nom du Bic. Ils y passèrent quelques temps, évidemment, en raison d’une grande quantité de poissons et d’un riche gibier.

Un jour, leurs ennemis, les Iroquois, se présentèrent dans les lieux et la tribu se réfugia dans une vaste caverne sur l’un des îlots de la baie qui pouvait accueillir des dizaines, voire des centaines de personnes. La grotte était leur seule chance de survie. On raconte que les Micmacs allèrent donc s’y cacher et élevèrent une palissade de branches, de troncs d’arbres et de pierres pour se protéger.

Cependant, les Iroquois découvrirent la caverne et mirent le feu aux branches pour faire sortir les Micmacs. Une fois les Micmacs sortis, le massacre commença.

Selon Cartier, cinq Micmacs seulement échappèrent au massacre et au moins deux cents Micmacs furent égorgés.

Toutefois, comme il arrive toujours pour ces événements lointains de l’histoire, il y a ici de l’histoire et de la légende. En effet, Cartier raconte le fait selon le récit du chef Donnacona qui a accompagné Cartier en France au retour du deuxième voyage de Cartier. Donnacona a montré à Cartier cinq «testes d’hommes, estendues sur des bois, comme peaulx de parchemin». De plus, «lequel Donnacona nous dist que c’étaient des Trudamens devers le su, qui leur menaient continuellement la guerre et nous fut dist qu’il a deux ans passer que lesdists Trudamens les viendrent assaillir dendans ledit fleuve à une ysle qui est le travers du Saguenay…». Cartier mentionne aussi le nombre de deux cents Micmacs morts, toujours d’après Donnacona.

Bref, on ne sait pas sur quelle île la tragédie eu lieu, si Donnacona a exagéré ou non le nombre des malheureuses victimes et si la réalité n’était pas autre.

Il est vrai que la tradition désigne l’île au Massacre comme le lieu de la tragédie, mais l’historien Charles-A. Gauvreau, dans son livre « Au bord du Saint-Laurent » a laissé entendre qu’il s’agit de l’Île-Verte.

Tous les autres détails qu’on trouve dans de nombreux livres, romans, articles et récits, ne sont que de belles légendes, racontant en détail la vie paisible des Micmacs et la chasse que leur firent les Iroquois dans l’île.

Malheureusement, la caverne, désignée comme le lieu du massacre a été utilisée pour extraire de la pierre de construction et on ne peut y trouver d’éléments de preuves pour corroborer cette histoire, tout comme dans les autres îles avoisinantes.

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