Bas-Saint-Laurent

L’Archipel de Kamouraska

L’Archipel de Kamouraska

L`Archipel de Kamouraska

Les cinq îles qui forment l’archipel de Kamouraska sont les suivantes : l’île aux Corneilles, l’île de la Providence, l’île Brûlée, l’île aux Patins, la Grosse-Île.

L’archipel des îles de Kamouraska s’étire sur le fleuve, créant un paysage remarquable. C’est en partie la beauté de ces lieux, outre les avantages géographiques du site qui explique le succès économique et la notoriété du village de Kamouraska.

Dès l‘époque du régime français, ces îles sont connues comme très giboyeuses. D’ailleurs, elles ont été réputées comme un centre de pêcheries de grande richesse.

Les registres de l’Intendance des îles nous apprennent que le 5 juillet 1694, le gouverneur de Frontenac, voulant récompenser le sieur de La Durantaye pour ses actes de bravoure devant l’ennemi, lui concéda, par lettres patentes, la seigneurie de Kamouraska. Depuis lors, les petites îles de l'archipel ont fait partie du domaine seigneurial. Tout au long de deux siècles et demi, les seigneurs en faisaient une réserve de pêche et de chasse, où ils recevaient leurs invités, à l’instar de tous les seigneurs canadiens.

Comme le sieur de La Durantaye ne s'était pas enrichi de la guerre, il n'habita jamais en permanence ses terres du domaine, en face des îles. Aussi, le 16 mai 1755, faisait-il don de l'archipel à son fils, Charles-André, qui, le même jour, devant le notaire Kerverzo, concéda lui-même ses droits de « pêche à la baleine ou autres », sur les îles de Kamouraska, au fameux curé Paulier, de Sainte-Anne de la Pocatière en société avec le curé Plante, de la paroisse de Kamouraska.

Les annales du bas du fleuve font souvent allusion à ce curé Paulier qui était reconnu dans toute la région et, pour son malheur, jusqu’à Québec, comme un homme d’affaires de trop haute réputation. L’évêque de Québec ne l’entendait pas du tout de cette oreille de crainte que les intérêts des profits à réaliser dans l’industrie de la pêche ne lui fassent négliger ses devoirs apostoliques.

Les héritiers du sieur de la Durantaye ne semblent pas avoir été plus heureux en affaires que leur prédécesseur. Ce n’est qu’après 1760 que l’on put voir une manifestation tangible de la prospérité de la seigneurie, et un manoir est construit par Marie-Louise Page dite Quercy. Le manoir s'élevait sur le domaine, en face des îles. Il fut habité pendant quelques années, par la seigneuresse et ses deux filles. Ce manoir a joué d’une brillante réputation, grâce aux fêtes resplendissantes qu’y donnèrent les seigneurs qui se distinguèrent plus par leur goût du luxe, de la « grande vie » et leurs parties de plaisir, que par leur esprit de travail et leur sens des affaires.

Vers le milieu du XIXe siècle, le dernier seigneur de Kamouraska fut assassiné, un soir d’hiver, dans sa carriole, alors qu’il revenait au manoir d’une promenade. L’assassin était l’amant de sa femme. Par la suite, des cultivateurs se sont établis sur l’île-aux-Corneilles, un phare a été édifié sur la Grosse-Île et le reste continue à être utilisé comme un domaine de chasse et de pêche.

Remarquons que Joseph Bouchette, dans son ouvrage Typographical Dictionary of the Province of the Lower Canada, paru à Londres en 1832, parle avec admiration des îles de l’archipel de Kamouraska en tant qu’endroit excellent de chasse et de pêche.

Le phare de la Grosse-Île a failli causer une grande tragédie dans la nuit du 10 au 11 décembre, quand on a constaté avec stupeur que ses feux ne brillaient pas comme de coutume. Une tempête a éclaté en même temps et plusieurs gros navires s’approchaient des lieux, risquant de se disloquer sur les rochers. Dans la nuit du 14 décembre, on réussit à débarquer sur l’île en profitant d’un moment d’accalmie. On grimpa au phare et on trouva le gardien, M. Auguste Langelier, étendu sur un grabat, inconscient. À l’étage supérieur, on découvrit son assistant, M. Cyrias Ouellet, à peu près dans le même état. Tous les deux tombèrent malades en même temps, empoisonnés par des aliments contaminés. Le secours est arrivé à temps et les deux hommes furent sauvés.

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3 Comments

  1. Ghislaine Lappointe

    2014/07/12 at 1:48

    J’aimerais savoir s’il est encore possible de se procurer le livre dont ce texte est extrait. J’habite à Kamouraska et j’ai connu M.Langelier et sa famill.
    Merci

  2. Josiane langelier

    2015/07/11 at 11:58

    Auguste Langelier etait mon grand papa… Je suis la fille de Simon qui a lui aussi gardé le phare …. Douces mémoires….

    • Claude Tremblay

      2016/08/23 at 12:03

      Bonjour Josiane,

      Donc on a en commun notre grand père car je suis le fils de l’une de ses fille qui s,appelait Marie Claire (décédée)

      Nous nous sommes connus jeune lorsque l’on allait visiter le dimanche notre grand père lorsqu’il il demeurait à Québec.

      Porte toi bien et salutations ta famille.

      Claude TREMBLAY

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