DHC/ART

Nuit blanche dans le labyrinthe

Nuit blanche dans le labyrinthe

Dans le labyrinthe de la mémoire

La galerie DHC/Art nous invite à un voyage dans l’espace et dans le temps. L’espace principal de la galerie, développé sur 4 étages, permet au visiteur d’explorer des strates de mémoire de notre monde saturé d’images. De l’autre côté de la rue, un espace-satellite, constitué de deux galeries distinctes s’articulant autour d’un couloir prolonge cette impression labyrinthique si bien adaptée au thème de l’exposition.

Live Evil Paul Pfeiffer

Re-constitutions aborde des enjeux liés à la politique, au spectacle et à la subjectivité, en faisant une relecture de produits ou d’événements culturels passés. La relecture est multiple, puisque les œuvres présentées sont emprisonnées dans des boucles qui se rejouent sans cesse, le visiteur est ainsi exposé à des interprétations fluctuantes qui, en instaurant une confrontation entre sa mémoire individuelle et la mémoire collective, n’est pas sans rappeler les questionnements de Roland Barthes dans Mythologies.

De la mémoire individuelle

Dans l’installation I-You-Later-There (Moi-toi-plus tard-là, 2000) de l’artiste Ann Lislegaard, on se trouve dans une salle obscure, face à une boîte blanche. Une lampe, tributaire des fréquences sonores, projette une forte lumière vibrant au son de la voix d’une femme, alors qu’on entend des bruits de la vie quotidienne. À des moments d’obscurité succèdent soudainement des explosions de lumière. Sur cet écran de cinéma paradoxalement vide d’image sont projetées des bribes de phrases par lesquelles on entre dans la mémoire de la narratrice.

I-You-Later-There Ann Lieslegaard

En atteignant une autre strate dans notre voyage au coeur de la mémoire, on assiste avec Here and Elsewhere (Ici et ailleurs, 2002) de Kerry Tribe, à un entretien, presque une séance de psychanalyse, entre un père et sa fille. Deux vidéos sont projetées côte à côte, créant un raccord visible là où les images se rencontrent. Un dialogue s’articule ainsi autour d’une relation entre les images situées de part et d’autre du raccord vertical. La conversation père-fille aborde des questions d’histoire, d’épistémologie, etc. comme : What does that mean to remember?, Is light still or does it move?

Here and Elsewhere Kerry Tribe

Tout labyrinthe a son minotaure: Live Evil (Bucharest) de Paul Pfeiffer est la quatrième version de la série Le mal en direct. La projection présente un Michael Jackson silencieux évoquant une image de Rorschach, et la star se tranforme en monstre. Live from Neverland est composée de deux vidéos distinctes : l’une, muette, est un discours télévisé où Michael Jackson réagit aux allégations de maltraitance d’enfants, l’autre présente un ensemble de 80 voix récitant le monologue de Jackson à la manière d’un chœur grec.

à la mémoire collective

Avec Workers (leaving the factory) 2007 de Nancy Davenport, on aborde la mémoire collective sous l’angle du travail. On se trouve précipité au coeur d’un cercle en mouvement, composée de portraits d’ouvriers se déplaçant dans des environnements allant de l’intérieur d’une usine à une fusée dans l’espace. L’œuvre renvoie à deux des premiers films jamais projetés devant public : La Sortie des Usines Lumière (1894) des frères Lumière et Le Voyage dans la Lune (1902) de Georges Méliès.

Souvenirs inconsolables (2005) de l’artiste Stan Douglas s’inspire d’un classique du cinéma cubain, Mémoires du sous-développement (1968), de Tomás Gutiérrez Alea. L’œuvre de Douglas déplace le cadre temporel à 1980, année où Castro avait permis à des dizaines de milliers de Cubains d’émigrer en Floride. Dans ce récit dans lequel des fragments d’images et de sons allient séquences fictives et archives, le passé et le présent occupent différentes positions dans des séquences qui génèrent diverses permutations du même récit.

Inconsolable memories Stan Douglas

Deep Play de Harun Farocki est l’autopsie d’un match. Il réunit 12 perspectives différentes de la finale de la Coupe du Monde de soccer 2006. De l’ennui des gardiens du stade à l’effervescence des directeurs de chaîne, douze projections vidéo synchronisées montrent les images non traitées des réseaux de télévision, accompagnées de commentaires émanant des communications par radio de la police et des équipes de tournage de la télévision.

Re-constitutions

Nancy Davenport, Stan Douglas, Harun Farocki, Ann Lislegaard, Paul Pfeiffer, Kerry Tribe

Du 22 février au 25 mai 2008

John Zeppetelli, commissaire

La galerie DHC participe à l’événement Nuit Blanche du 1er mars, de 11h à 3h

Horaires : Mercredi au vendredi (12.00-19.00), samedi et dimanche (11.00-18.00), entrée libre

Adresse : 451, rue Saint-Jean, Montréal (Québec), H2Y 2R5 Métro Square Victoria

Site internet : http://www.dhc-art.org/

Pour en savoir plus sur la galerie DHC 

Pour en savoir plus sur Nuit Blanche 

Crédits photos : photo 1 – Paul Pfeiffer, Live Evil (Bucharest) (2004), Photo : Richard-Max Tremblay; photo 2 – Ann Lislegaard, I-You-Later-There (2000) avec l’aimable autorisation de l’artiste; photo 3 – Kerry Tribe, Here and Elsewhere (2002), image fixe tirée du film avec l’aimable autorisation de l’artiste; photo 4 – Stan Douglas, Inconsolable Memories (2005), image fixe tirée du film avec l’aimable autorisation de l’artiste et de David Zwirner.

(page d’accueil février 2008)

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