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Automatisme

Automatisme

Automatisme

L’automatisme est un courant non-figuratif québécois actif entre 1945 et 1954. De même que l’abstraction lyrique en France et l’Action Painting aux États-Unis, ce courant est le résultat d’une action directe sur le tableau.

Cependant ce courant apparaît au Québec avant l’abstraction lyrique et l’Action Painting et au fil des années, l’automatisme tend à se rapprocher de l’expressionnisme abstrait et de l’Action Painting en cours chez nos voisins du sud.

C’est l’impératif surréaliste qui commande de créer sans chercher à se référer au réel, qui se trouve à la base de ce travail de création. L’automatisme sert à exprimer les impulsions les plus spontanées du geste, les pulsions de l’inconscient.

Le mouvement automatiste fut fondé en 1942 par Paul-Émile Borduas et fut le surréalisme ainsi que la psychanalyse qui inspirèrent les automatistes.

À l’encontre des surréalistes, les Automatistes préconisaient une approche intuitive expérimentale non représentative conduisant à un renouvellement en profondeur du langage artistique. Leurs premières œuvres résultant de leurs expériences s’apparentaient à l’expressionnisme abstrait.

On reconnaît généralement que l’exposition de quarante-cinq gouaches de Paul-Émile Borduas, au mois d’avril 1942, au Foyer de l’Ermitage, à Montréal, fut le point de départ du mouvement automatiste. La première manifestation publique du groupe eut lieu en mars 1946 dans le cadre d’une exposition organisée dans une boutique désaffectée de la rue Amherst à Montréal. La publication du manifeste Refus global, le 9 août 1948 aux Éditions Mythra-Mythe, a défini leur vision politique.

Initié dans le milieu des arts visuels (peinture, dessin, sculpture, etc.), l’automatisme s’étendit à d’autres disciplines artistiques: la poésie, la danse et le théâtre.

On dit que c’est le journaliste Tancrède Marsil Jr., qui, le premier, nomma le groupe Les Automatistes  dans sa critique de leur seconde exposition à Montréal tenue du 15 février au 1er mars 1947, dans Le Quartier latin, le journal étudiant de l’Université de Montréal. Ce nom lui avait été inspiré par le discours esthétique des exposants.

Paul-Émile Borduas distingue trois modes d’automatismes: mécanique, psychique, surrationnel :

  • Mécanique : « produit par des moyens strictement physiques, plissage, grattage, frottements, dépôts, fumage, gravitation, rotation, etc. »
  • Psychique : « en littérature: écriture sans critique du mouvement de la pensée. »
  • Surrationnel : « écriture plastique non préconçue. Une forme en appelle une autre jusqu’au sentiment de l’unité, ou de l’impossibilité d’aller plus loin sans destruction. »

Jean-Paul Riopelle et Paul-Émile Borduas se sont le plus illustrés dans cette voie qui s’apparente à l’abstraction lyrique française, mais le mouvement regroupait les peintres Marcel Barbeau, Pierre Gauvreau, Fernand Leduc, Jean-Paul Mousseau, et Marcelle Ferron ; les écrivains Claude Gauvreau et Thérèse Renaud ; les danseuses et chorégraphes Françoise Sullivan, Françoise Riopelle et Jeanne Renaud ; la designer Madeleine Arbour ; l’actrice Muriel Guilbault et le photographe Maurice Perron, de même que le psychiatre psychanalyste Bruno Cormier.

Les Automatistes interrompent leurs activités communes en 1954, après l’exposition La matière chante organisée par Claude Gauvreau. Le départ pour l’étranger de Borduas, en 1953, a précipité la dissolution du groupe.

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Créer sans chercher à se référer au réel, exprimer les impulsions les plus spontanées du geste, les pulsions de l’inconscient. Source de l’illustration Bright Lights : © MagicPhotoDesign.com

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