L’éclairage des rues de Québec
Il semblerait qu’au temps de la Nouvelle-France, on n’éclairait pas les rues de la ville. En tout cas, jusqu’à nos jours on a trouvé aucune ordonnance, mention dans les récits, lettres ou autres témoignages d’époque qui puissent réfuter cette affirmation.
C’est après la prise de Québec que le général anglais Murray, chef du gouvernement militaire, donne l’ordre de placer une lampe aux carrefours de certaines rues de la ville de Québec. Selon l’ordre de Murray, toutes ces lumières publiques devaient être éteintes à 22 heures. De plus, le texte stipule que tous les particuliers circulant au milieu des ténèbres de la nuit, sont obligés de porter une lanterne allumée.
Remarquons en passant que les allumettes n’existaient pas à l’époque et c’était au moyen de chandelles de suif ou de baleine, selon la condition sociale des habitants, qu’ils allumaient leurs lanternes. Chaque fumeur portait sur lui un petit morceau d’amadou, une pierre à feu et un briquet. Par ce moyen, on allumait les pipes, les chandelles ou le poêle.
En 1818, la Législature de Québec établit une patrouille de nuit pour la sûreté des citoyens. Les hommes de guet, au nombre de 24, parcouraient ainsi les rues de la ville en chantant. Ces gens veillaient à la sécurité des citoyens, mais leurs fonctions incluaient également la fixation des flambeaux et des lampes à huile de charbon aux endroits les plus propices des places publiques, rues et ruelles.
Notons que les tenanciers étaient tenus d’installer une lampe allumée à la porte des tavernes, ce qu’ils faisaient volontiers pour attirer les clients.
Vers 1840, les allumettes font leur apparition. Elles sont longues de quatre pouces avec du soufre aux deux bouts. On les allumait en les mettant en contact avec du phosphore contenu dans un étui fermé et elles étaient très dangereuses. Au moindre frottement, l’allumette pouvait prendre feu dans les poches de son propriétaire. Mais revenons à l’éclairage.
Vers 1830, on établit à Québec les premiers règlements concernant l’éclairage des rues et des places publiques au moyen de la lampe à huile. On dresse alors des réverbères au coin des rues. On place un brûleur sur un poteau de 8 à 10 pieds de haut. Une brigade d’allumeurs est engagée par les autorités civiles de Québec. Ils parcourent les rues avec leurs petites échelles. Leur besogne consiste non seulement à allumer et à éteindre les lampes, mais aussi à les alimenter et à les nettoyer.
Généralement, on choisissait des hommes de petite taille pour cette brigade.
En 1849, le gaz d’éclairage remplace la lampe à pétrole pour éclairer les rues de la ville. C’est évidemment une grande amélioration quant à la pureté de l’air. Les employés municipaux chargés du soin des lanternes à gaz sont munis d’un long bâton creux avec un brûleur à la pointe et non d’une échelle comme autrefois.
Les conduites de ce gaz d’éclairage n’étant pas introduites immédiatement dans toutes les parties de Québec, il y avait encore des rues éclairées par des lampes à pétrole.
En 1878 et en 1880, il y eut deux grèves qui ont plongé la ville dans les ténèbres pendant deux semaines. Nous n’avons pu trouver les raisons de ces grèves et nous ne pouvons dire si la faute en revenait à la compagnie de gaz ou si les employés de la Corporation de Québec présentèrent des demandes déraisonnables.
Enfin, en 1897, l’électricité arrive et supplante le gaz dans les rues. L’année précédente les premières lampes électriques sont installées dans plusieurs maisons et édifices publics de Québec.
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