L’invasion américaine de 1775
L’Angleterre a été prise au dépourvu par cette invasion des Américains, ou des Bostonnais, qui comptaient bien sur le concours des Canadiens-français qui n’étaient sujets britanniques que depuis une quinzaine d’années. Ils y comptaient d’autant plus que la France combattait avec les Américains pour leur indépendance et leur fournissait toute sorte d’aide financière, diplomatique, politique et militaire.
Les Américains firent des offres très avantageuses aux Canadiens français et même les Anglais du Canada furent approchés par leurs compatriotes de Boston et de New York qui combattaient pour le nouveau pays, mais rien n’y fit. À part quelques rares défections, la population canadienne resta fidèle à son serment d’allégeance.
Dès le 15 septembre 1775, partis de Boston à la tête de milliers de soldats, deux généraux de la jeune nation qui n’a pas encore proclamé son indépendance, Richard Montgomery et Benedict Arnold, se mettent en campagne pour conquérir Québec. Il semble d’abord que la victoire leur sourie. En effet, fort après fort, ville après ville, les pavillons anglais plient devant l’armée révolutionnaire: Ticondira, Crown Point, Saint-Jean, Chambly, Montréal, Sorel, Trois-Rivières…
Presque toute la partie est du pays est tombée aux mains des soldats du sud. Seule la ville de Québec résiste vaillamment, la bannière de Saint George flottant opiniâtrement sur les toits de la capitale. Elle est défendue par la garnison britannique de Québec aidée des matelots, des résidents anglophones et des Canadiens français.
Benedict Arnold avec 7 mille hommes sous son commandement descend la rivière Chaudière et arrive à Québec le 1er décembre. Le même jour, Montogmery s’approche de Québec par la rive nord du Saint-Laurent après la prise de Montréal et de Trois-Rivières.
Le 5 décembre, les Américains s’emparent de Saint-Roch et bloquent la ville du côté de Sainte-Foy. Le 15 décembre, ils somment le gouverneur Carleton de leur livrer Québec, mais le gouverneur ne reçoit même pas les parlementaires.
Carleton établit ses quartiers généraux au monastère des Récollets, sur la Place d’Armes. Le commandant de la garnison anglaise est le lieutenant-colonel Caldwell et le commandant de la milice canadienne est le colonel Dupré.
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