Histoires du passé

Incendie de l’hôpital

Incendie de l’hôpital

Incendie de l'hôpital St-Michel-Archange

Un incendie cause des dommages de $1,5 million à l’hôpital St-Michel-Archange, à Québec

Québec, 16 février 1939. L’hôpital Saint-Michel-Archange n’est plus, ce matin, qu’un immense amas de décombres fumants. La célèbre institution dirigée par les Sœurs de la Charité et qui abritait plus de 2000 aliénés et 200 religieuses, gardiens et gardiennes, a été entièrement consumée en un peu plus de 24 heures.

Quelque dépendances étaient encore en flammes ce matin, mais le corps principal de l’édifice ne brûlait plus, le feu y ayant tout détruit. Il ne restait plus debout qu’une partie de l’aile des hommes, située à l’extrémité est, et un couple d’immeubles adjacents, la buanderie, la chaufferie, etc.

Québec a vécu hier des heures tragiques. Une atmosphère lourde d’anxiété a flotté sur la ville à la nouvelle que l’hôpital Saint-Michel-Archange avait pris feu.

La population toute entière, inquiète du sort des malheureux patients de l’institution, a été sur le qui-vive toute la journée et s’est rendue dans une grande proportion sur les lieux pour constater les ravages de l’incendie et obtenir l’assurance qu’aucun malade n’avait trouvé une fin tragique dans le sinistre.

On n’aura en effet à déplorer qu’une seule perte de vie au cours de ce malheur, l’un des plus grand qui ait atteint Québec au cours de toute son histoire. Il s’agit d’un vieillard, administré le matin même par l’aumônier de l’institution, l’abbé J. Dubé, et qui, inquiet du branle-bas général qui a suivi la découverte des flammes, s’échappa de son lit et mourut de la commotion qu’il éprouva à la vue des flammes.

Pompiers en danger

Il s’en est fallu de peu cependant que l’on ait eu des tragédies à déplorer. En effet, huit pompiers qui, installés dans une salle de l’aile centrale alors en flammes, s’occupaient à défaire quelques murs et à noyer le foyer de l’incendie sous des tonnes d’eau, ont été trouvés à demi-asphyxiés.

Deux d’entre eux étaient assez gravement affectés et l’on eut de la difficulté à leur faire évacuer les lieux. Leurs compagnons eux-mêmes furent près de suffoquer.

Trois policiers ont également eu de la difficulté à sortir des salles où ils faisaient une dernière ronde.

L’évacuation des malades a provoqué l’admiration de toute la population pour la façon disciplinée avec laquelle elle a été effectuée. Les religieuses de la charité, bravant le danger, ont tenu à faire la visite de toutes les salles à mesure que le feu les menaçait. En bon ordre, elles ont maintenu les patients dans les salles avoisinantes, malgré la fumée âcre et noire qui leur brûlait les yeux, et attendirent patiemment que les malades de l’infirmerie eussent été mis en lieu sûr avant de prendre elles-mêmes, avec leurs cortèges d’aliénés, le chemin de l’extérieur…

La marche de l’incendie

Le feu qui a débuté vers 8 heures dans l’aile des hommes, a, de salle en salle, gagné toutes les autres parties de l’édifice. L’instant le plus dramatique fut peut-être celui où les murs s’écroulèrent, éparpillant dans les champs avoisinants une traînée d’étincelles et de tison.

Toute la nuit, le ciel a été illuminé par la lueur tragique de l’incendie, et ce matin encore les dernières dépendances se consumaient rapidement.

Au cours de la journée, environ 360 malades vont réintégrer la partie de l’aile des hommes que les flammes ont épargné. Les sœurs de la Charité se sont remises dès ce matin courageusement à l’oeuvre et et ont pris des mesures pour assurer un abri à leurs patients et pour faire reconstruire immédiatement les édifices incendiés.

Les dommages

On évalue les dommages à environ $ 1 500 000. D’après les meilleurs témoignages, on croit que la reconstruction de l’édifice à l’épreuve du feu exigera une dépense d’environ $3 000 000.

Cette institution a été fondée en 1845. À ce moment, l’édifice ne comprenait que la partie centrale. C’est alors que l’annexe sud-est et sud-ouest, actuellement la section des femmes, furent construites.

(D'après le journal La Presse du 17 février 1939)

st michel archange hôpital

Les ruines de l'hôpital au lendemain de l'incendie. Source : La Presse, 17 février 1939

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