Histoire de la police de Québec
En Nouvelle-France, à Québec, le rôle des agents de la paix était accompli fondamentalement par des militaires et des volontaires
Depuis 1759, c’était le gouvernement militaire anglais qui veillait à la sécurité des citoyens de la ville et des militaires patrouillaient les rues pour faire la chasse aux éventuels malfaiteurs. Vers 1763, ce fut au tour du gouvernement établi de prendre le contrôle de la force policière et de créer le premier corps de police professionnelle de Québec.
Les documents d’archives témoignent qu’en 1811, on comptait 37 policiers à Québec. En 1819, le corps des gardiens de la paix comprenait déjà 46 personnes.
Outre le fait de veiller à la sécurité des citoyens et empêcher les vols, les gardiens de la paix avaient aussi le devoir de se rendre sur les lieux des incendies pour maintenir l’ordre et d’aider les pompiers dans le maniement des pompes. Les policiers avaient même le droit d’obliger les particuliers à venir en aide aux pompiers, car les incendies anéantissaient alors des quartiers entiers et faire fonctionner les pompes à bras était une tâche épuisante.
Toutefois, ce corps était séparé du service des «hommes du guet», établi en 1818. Cette année-là, le gouvernement du Bas-Canada approuve une loi visant à créer le service des «hommes du guet» ou des gardiens de nuit. On désigne ainsi 24 gardiens de nuit pour la ville de Québec. Ces agents qui faisaient des patrouilles de nuit, annonçaient aussi les heures. Ils étaient munis d’une lanterne et d’une crécelle pour avertir les citoyens en cas de danger. Ils étaient aussi armés d’un long bâton. Les premiers commandants étaient MM. Basile Pinguet et Peter Holt. Curieusement, ces hommes parcouraient les rues de Québec en chantant et ils devaient également fixer des flambeaux et des lampes à huile sur les principales rues et places publiques de Québec.
C’étaient alors des temps difficiles et pour maintenir l’ordre, il fallait même quelquefois avoir recours aux militaires de la garnison. La situation s’explique par la présence d’un gros contingent de matelots de tous les pays du monde dans les rues de Québec. N’oublions pas que la ville était l’unique grand port maritime du Canada et sa rade était alors visitée par environ mille navires par année ou même plus (jusqu’à 1400). Durant la saison de navigation, ces navires marchands débarquaient des milliers de marins dans une ville qui ne comptait que 40 mille habitants au milieu du XIXe siècle.
Il faut encore ajouter les Jacks tar, comme on surnommait les matelots des frégates anglaises, et 3 mille soldats de la garnison locale. Naturellement, comme dans tous les ports du monde, des bagarres éclataient régulièrement entre les matelots, entre les civils et les militaires, entre les soldats et les matelots, entre les citoyens et les visiteurs, entre les matelots et les prostituées, etc. Tout ce petit monde cosmopolite donnait du fil à retordre aux autorités.
C’est pourquoi le gouvernement crée, en 1837, un nouvel organisme appelé «la police riveraine». Cette police, adjointe aux forces déjà existantes par le comte Gosford, le Gouverneur-Général de l’époque, avait soin de veiller sur les cabarets, les maisons de prostitutions et autres lieux de rassemblement des matelots. Curieusement, l’effectif de cette force se composait de seulement 20 policiers riverains. Cette police relevait directement du gouvernement du Canada.
Un fait curieux qui témoigne de l’esprit de combativité des policiers: en 1842, tous les policiers de Québec se mettent en grève. En effet, le gouvernement ne les paie plus depuis plusieurs mois en prétextant une dette énorme du Haut-Canada suite à la fusion des deux Canada en 1840, après l’Acte d’Union. Cette explication n’est pas considérée comme valable pour cesgens qui risquent leur vie tous les jours, mais qui n’ont rien à apporter à leur familles en échange de ce sacrifice. Finalement, le gouvernement cède et paie la dette.
Enfin, en 1844, huit ans après l’incorporation de la cité de Québec, la ville organise son service de force municipale. Le premier chef de la police régulière de Québec s’appelait R.-H.Russel. Il a servi dans ce corps jusqu’en 1859.
La police riveraine fut dissoute vers 1890 après que la plupart des opérations de chargement et déchargement des navires marchands aient été déplacées à Montréal.
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