Assaut des Américains
(voici notre note sur le début de l’invasion: Invasion américaine commence)
La petite garnison de Québec tient bon malgré la supériorité numérique des Américains et le fait qu’on ne pouvait espérer de secours de la lointaine Angleterre.
Le 31 décembre 1775, Montgomery et Arnold décident d’attaquer la ville par le bas et par le haut. Montgomery s’approche du Cap-Blanc, franchit une première barrière et range ses soldats sur la rue Champlain, au pied du Cap-Diamant, près du quai Allan.
Arnold arrive à Québec avec ses troupes en passant par la rivière Chaudière. Après avoir traversé le fleuve à Sainte-Foy, il établit son quartier général près de l’Hôpital-Général. Ces détachements avancent vers la Porte Saint-Louis où James Thompson, un des vétérans de l’armée de Wolfe, fait face avec ces mêmes canons qui avaient servi au bombardement de Québec en 1759 et qui n’ont rien perdu de leur efficacité. Thompson est aidé par le capitaine canadien français Chabot qui dirige une poignée de miliciens canadiens. Arnold est repoussé et doit retourner à l’Hôpital-Général.
Le lendemain, il revient à la charge. Cette fois, il s’empare du Palais de l’Intendant et y établit ses troupes, mais les Anglais aidés des Canadiens le repoussent. Pourtant Arnold espère toujours opérer sa jonction avec l’armée de Montgomery qui passe alors par les Foulons. Alors, Arnold se dirige vers la basse-ville. Pour s’y rendre, il lui faut renverser trois barrières établies dans les rues Sous-le-Cap et Sault-au-Matelot. Il a facilement raison des deux premières, mais à la troisième, il rencontre les combattants Canadiens français avec Dambourgès et Charland à leur tête.
Monsieur Sanguinet, avocat de Montréal, fut témoin oculaire de ce fait d’armes et il l’a décrit comme suit: «Le général Carleton donna ordre à deux cents hommes d’aller au Sault-au-Matelot. Quand ils furent près de l’ennemi, ils se trouvèrent mal, saisis de crainte et surpris du grand progrès que les Bostonnais avaient fait, car ils avaient déjà posé trois échelles sur la troisième barrière qui était la plus faible et la dernière à franchir. Qu’importe! … Les Bostonnais abandonnèrent les desseins d’escalader cette dernière barrière et se retirèrent dans les maisons… Dans l’instant, le sieur Dambourgès monta à la fenêtre par le moyen des échelles enlevées à l’ennemi et ses troupes enfilèrent à la baïonnette les Bostonnais dans ces maisons… »
La bataille fut longue et sanglante. Notons en passant que chaque américain portait sur son casque un papier avec les mots Mort ou Victoria, écrits évidemment pour les Canadiens français dans l’espoir plein de naïveté que ceux-ci les aideraient finalement dans la lutte contre la Grande-Bretagne.
Le général Arnold fut blessé grièvement à la jambe et transporté à l’Hôpital-Général. 60 de ses hommes furent tués et 350 faits prisonniers.
Richard Montgomery fut tué dans la bataille de Québec le même jour. Benedict Arnold fut évacué et en 1777, il combattait de nouveau au Canada. À Saratoga, il reçu une seconde blessure à la même jambe.
En récompense pour leur acte de bravoure, les miliciens Canadiens français, avec le Français Dambourgès et le Canadien français Charland à leur tête reçurent une belle somme d’argent du gouvernement anglais. On ne sait quelle fut la réaction en France ni le sentiment des volontaires français combattant contre la Grande-Bretagne devant les exploits militaires des Français et des Canadiens à Québec.

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